PRESENTATION
Keur Ulysse, Nora Teylouni et Zoé Perrin, 2017
projet de photographie documentaire sur la migration sénégalaise en Grèce

Grèce/Sénégal, deux territoires séparés par des milliers de kilomètres et la mer Méditerranée qui ont, a priori, peu de liens entre eux. Aziz, Abdoulaye, Marra, Mamadou et les autres sont des migrants Sénégalais installés en Grèce depuis cinq, six, sept ans ou plus. Ils sont arrivés par la Turquie après un voyage périlleux qui a coûté la vie à certains de leurs compagnons de route.

Nora Teylouni et Zoé Perrin ont eu la chance de les rencontrer à Athènes et à Thessalonique et de nouer des liens d’amitié avec eux. Rythmé par des invitations aux fêtes religieuses et de longues discussions pendant la cérémonie du thé, ce rapprochement, aussi inattendu que bouleversant, a été un véritable enrichissement humain.

A travers des portraits photographiques et des entretiens réalisés en Grèce, elles ont échangé avec eux sur le sens qu’ils donnaient à leur choix migratoire vis-à-vis de leur famille. Soutien économique souvent indispensable, désir de « faire l’aventure, d’aller jusqu’au bout et de réussir pour devenir quelqu’un », détermination nourrie par une foi religieuse et un esprit de sacrifice, les motifs de ce voyage sans date de retour sont nombreux. Dans un deuxième temps, elles sont parties ensemble à la rencontre de leur pays d’origine, le Sénégal. Leurs femmes, leurs enfants, leur mère, leurs frères restés au pays leur ont ouvert les portes de leur Keur («maison» en Wolof) et leur ont fait visiter leur quartier. Ils leur ont raconté comment eux vivaient l’éloignement de leurs proches.

BIOGRAPHIE
Nora Teylouni est née à Genève en 1987. Elle étudie actuellement la photographie au sein de l’école supérieure d’arts appliqués de Vevey, en Suisse. Dans ses travaux photographiques, elle aborde des thématiques qui lui sont chers, comme celui de l’exil et de l’habitat. D’origine syrienne, elle s’est interrogée sur la possibilité de résilience des immigrés dans «Correspondances», portrait intimiste de son grand-père, exilé politique en Suisse. Plus tard, elle a photographié des cérémonies religieuses sénégalaises en Grèce, ou encore la communauté musulmane de Varsovie, toujours guidée par ses questionnements autour du déracinement et du ré-enracinement ailleurs, ou comment l’appartenance et l’attachement à un territoire se défait, se recrée, se transforme, se perd et se retrouve, dans une mutation incessante.

Zoé Perrin, née en 1985, est professeure de français et co-fondatrice d’un centre socio-culturel qui se trouve à Rabat, au Maroc. Elle s’intéresse à la question de la difficile intégration économique et sociale des communautés migrantes, et propose au sein de son centre des formations pédagogiques pour que des migrants subsahariens francophones présents au Maroc deviennent professeurs de français. Elle est persuadée que les échanges culturels entre les populations sont les seuls moyens d’améliorer le vivre-ensemble. Elle aime aller à la rencontre des personnes en situation de migration afin de connaître et de faire connaître leur situation, en utilisant la photographie et l’interview.

Voir + : www.norateylouni.ch