BIOGRAPHIE
Christoph Montebelli est un photographe, auteur et économiste Austro-Allemand travaillant entre Casablanca, Rome, Berlin, et plusieurs autres endroits. Son œuvre photographique porte sur l’urbanisme, l’architecture et la vie en Afrique et dans le pourtour méditerranéen. Christoph est diplômé des universités de Rome et de Yale où il avait étudié en tant que titulaire d’une bourse Fulbright.
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DEMARCHE
Maroc Habitat
Les clichés de la vie au Maroc sont aussi riches et abondants que les divers paysages caractérisant le Maroc, qui s’étalent des collines vallonnées de la Méditerranée aux terres basses ennuyeuses mais fertiles qui bordent la côte Atlantique, et des montagnes aux sommets enneigés aux gorges désertiques et aux paysages lunaires rocailleux du Sud. Ils incluent les mystérieux charmeurs de serpent, les belles femmes aux riches tenues vestimentaires, les conteurs à la sagesse d’antan, le dur labeur des pêcheurs si courageux, les labyrinthes colorés des anciens marchés invitant le visiteur à errer et à se perdre et dernier point, mais pas le moindre, les images de Casablanca, la cité rendue célèbre par Hollywood, où les composantes orientales et occidentales se mêlent et évoquent des souvenirs d’un romanticisme intemporel.

Il y a peut-être un brin de vérité dans tous les stéréotypes mais la réalité de la vie d’aujourd’hui au Maroc est loin de celle qui est suggérée par ces clichés. Après tout, le Maroc est un pays émergent partagé entre son envie de souscrire à la modernité et celle de ne pas perdre le contrôle sur ses traditions et son héritage. C’est aussi un pays caractérisé par une urbanisation rapide avec tout ce qui va avec : pour certains, les opportunités et les conforts de la vie moderne, mais pour une grande majorité cela représente plutôt les embouteillages, des coûts élevés, la pollution et les dangers typiques des grandes agglomérations urbaines.

 La terre connue aujourd’hui comme le Maroc a été habitée depuis plus de 100 000 ans. Alors que les toutes premières preuves de trace humaine ont été trouvées à l’intérieur et autour des grottes, le véritable trésor de l’habitat marocain réside dans les anciens quartiers des villes séculaires du pays qui ont été construites par les Berbères, les Phéniciens, les Romains et plus tard les Arabes. Certains de ces endroits sont considérés des chefs d’œuvre de l’art urbain constitués de réseaux de rues savamment conçus et bordés de cubes de couleur terre subtilement nuancée qui font de l’ensemble un tout allant de simples maisons familiales à de grands riads et de grandioses palaces.

 Cependant, la transformation urbaine la plus marquante du paysage marocain a eu lieu plus tard, durant le 20ème siècle. Au cours de l’époque coloniale, l’urbanisme et l’architecture ont été remodelés sous les mandats français et espagnol. Plus tard, les villes marocaines, en particulier Casablanca et Rabat, sont devenues le terrain de jeu d’architectes avant-gardistes tels que Zevaco, Morandi et Brion. Après l’indépendance du pays, les architectes marocains ont ingénieusement mélangé les styles internationaux et traditionnels pour créer une œuvre architecturale d’une valeur artistique importante qui coexiste avec des kilomètres de mètres carrés de construction anonymes à perte de vue, hâtivement érigés pour loger une population urbaine en perpétuelle croissance.

 La transformation urbaine de l’habitat marocain perdure. Ce phénomène est à la fois un moteur et une conséquence du développement économique, qui remet en question la cohésion sociale et sociétale. En effet, l’urbanisation a changé de manière irréversible l’apparence du paysage marocain, faisant des hommes des protagonistes et des spectateurs dans le même temps.